PREAMBULE Favoriser la réflexion francophone et internationale sur la formation des travailleurs sociaux Didier TRONCHE, Président de l'ARRFIS |
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Chaque pays fait évoluer la formation de ses travailleurs sociaux
en fonction des politiques sociales qu’il met en œuvre et des modes
d’organisation de la formation professionnelle qui lui ait propre. Chaque pays se sent singulier et gère les dispositifs complexes
de la formation des travailleurs sociaux sans toujours se rendre compte
des enjeux communs qui dépassent les préoccupations nationales. L’ARRFIS a appuyé l’initiative de tenir ce congrès, proposée
par Claude Larivière, Québécois, professeur à l’Université de Montréal,
connaissant bien l’Europe francophone et par L’enjeu est d’importance. La formation des travailleurs sociaux
doit évoluer en fonction des évolutions sociales mais elle doit aussi
précéder cette évolution. La formation des hommes dans toute société
est un pari sur demain, une façon de concevoir l’avenir et de le préparer.
Ce congrès placé sous la présidence de Philippe Duron, Président
de la Région Basse-Normandie, ayant eu le soutien de Brigitte Bouquet,
titulaire de la chaire en travail social au CNAM qui en a présidé le
conseil scientifique, de l’Association Internationale des Ecoles de
Travail Social et des associations nationales assurant la coordination
des formations
[1]
, a permis de dégager plusieurs enjeux pédagogiques
internationaux majeurs. La nécessité du développement de la recherche sur les pratiques d’intervention
sociale et l’intérêt des comparaisons internationales est apparu
de façon forte. Les modes d’intervention sociale gagneraient à être
systématiquement l’objet d’études scientifiques. Ces recherches faciliteraient
la décision publique en matière d’action sociale et donneraient une
dynamique d’anticipation aux formations. La redéfinition de l’intervention sociale au moment où s’éloigne
le modèle de l’Etat providence Le travail social dans les pays francophones sans se défaire
d’une saine attitude critique, semble faire le choix de pratiques professionnelles
moins centrées sur le recours unique à des dispositifs étatiques mais
s’appuyant sur une culture de la solidarité, de l’initiative locale
et d’une citoyenneté renouvelée. La redéfinition de l’intervention
sociale centrée sur la relation personne/environnement
Toutes les conférences plénières et les ateliers ont été parcourus
par une réflexion transversale et internationale concernant les paradigmes
de l’intervention sociale. Le sujet est moins perçu dans tous les pays,
comme un individu objet d’un soin ou d’une « thérapeutique »
mais comme une personne liée à un environnement, le travail social ayant
comme objet la relation personne/ environnement. La question de l’Etat et de la place des usagers-acteurs entraînent
dans tous les pays une réflexion dynamisante sur l’intervention sociale elle-même. La mobilisation de l’étudiant dans son parcours de formation L’étudiant comme sujet, comme acteur a occupé une part importante
des échanges. Chaque pays invente des processus singuliers allant tous
en ce sens. L’école de Jules Ferry n’est plus le modèle international
de la formation professionnelle. Les centres de formation accueillent
des étudiants qui ont une histoire, une expérience, des compétences,
qui viennent de milieux sociaux dont on peut faire un objet de formation.
L’acte de formation devient une aide au parcours, il intervient à un
moment de l’histoire d’une vie. Cette perspective ne réduit pas la formation
à des acquisitions de compétences de façon solidaire. Tous les formateurs
défendent l’intérêt de l’intégration de l’élève dans un groupe de formation,
dans un groupe composé d’acteurs en formation, acteurs apprenant à développer
leur capacité d’agir. Le mot empowerment a traversé le congrès. La
pédagogie de l’alternance
Tous les
pays francophones travaillent sur la pédagogie de l’alternance. Le mouvement
qui se dessine, est clair. L’élève se forme dans un parcours où deux
lieux de formation travaillent ensemble, le centre de formation et l’établissement
d’accueil. Ce que les réformes des diplômes en France appellent les
sites qualifiants, se retrouve dans les instituts universitaires québécois.
Les établissements québécois sont reconnus comme d’authentiques lieux
de formation et de recherche labellisés par l’Université, ils reçoivent
des crédits publics pour ces missions. La
posture du formateur : innovation ou recherche
Le formateur en travail social semble devoir se repositionner.
Deux légitimités apparaissent possibles. Il peut être un professionnel
de haut niveau maîtrisant un champ, une approche professionnelle. Il
doit alors en faire la preuve auprès des élèves. Ceci nécessite qu’il
ne perde pas son ancrage dans la vie professionnelle et qu’il soit centré
sur l’approfondissement de pratiques innovantes. Il peut être un chercheur
et alors il doit pouvoir enquêter et publier en étant intégré dans des
réseaux professionnels et des réseaux de recherche. Réconcilier gestion sociale et pratiques professionnelles Enfin le congrès a fait une part à la formation des gestionnaires
du social. La congruence entre la pratique professionnelle et la gestion
de la pratique traverse les réflexions des divers pays. Le thème de
l’évaluation a été l’objet d’un atelier intéressant. De nombreuses écoles
de travail social développent des formations de cadre. La comparaison
de ces formations serait sans doute forte d’enseignement. UNE TRADITION EST LAN Le premier congrès n’aura d’effets que s’il est suivi d’autres
réunions semblables. Moins que l’événement lui-même, c’est l’instauration
d’un réseau et d’une tradition d’échanges et de confrontation qui importe.
Nous avons initié. D’autres doivent prendre le relais. Le prochain congrès
aura lieu à Namur en juillet 2007 ; il convient de penser dès maintenant
à 2009.
[1]
Le réseau belge des formations en travail social, le réseau
canadien des unités de formation en travail social et, pour la France,
le réseau du Groupement National des Instituts régionaux du travail
social et de l’Association Française des Organismes de formation et
de Recherche en Travail Social. |
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